{"id":6910,"date":"2020-10-10T16:25:35","date_gmt":"2020-10-10T14:25:35","guid":{"rendered":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/?p=6910"},"modified":"2020-11-07T22:17:30","modified_gmt":"2020-11-07T21:17:30","slug":"le-roi-qui-avait-mal-aux-pieds","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/?p=6910","title":{"rendered":"Le roi qui avait mal aux pieds&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/le_roi_qui_avait_mal_aux_pieds_fb-1024x536-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6911\" width=\"574\" height=\"300\"\/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Il y avait un roi, dur mais g\u00e9n\u00e9reux, qui vivait dans un palais magnifique, avec nombre de domestiques qui le servaient bien et de ministres qui le flattaient beaucoup. Son Royaume ruisselait de lait et de miel. En tous lieux, on entendait les chants des paysans heureux et les commer\u00e7ants construisaient de belles demeures car le royaume contr\u00f4lait les routes de la laine et la voie du sucre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Mais, h\u00e9las, rien n\u2019est parfait en ce monde. Dans ce royaume, les gens vivaient pieds nus. C\u2019\u00e9tait ainsi depuis toujours et ils ne s\u2019en plaignaient plus, bien que, comme il arrive souvent, ils se blessaient contre les pierres des chemins ou se d\u00e9chiraient les orteils dans les buissons d\u2019\u00e9pines. Malgr\u00e9 la corne de leurs pieds, les jeunes gens ne pouvaient pas courir tr\u00e8s vite et ainsi les chasseurs manquaient souvent leur proies. Quant aux vieux, \u00e0 force de plaies, ils terminaient leurs jours sans plus marcher, assis sous l\u2019ombre fra\u00eeche des palmiers. Ceux qui restaient chez eux se blessaient moins que les autres car ils se d\u00e9pla\u00e7aient sur des tapis \u00e9pais, faits de la laine de leurs moutons. Luxe supr\u00eame, les plus riches poss\u00e9daient des tapis confectionn\u00e9s avec le cuir de leurs animaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Un matin, le roi sortit du palais. Press\u00e9 de courir le li\u00e8vre, il ne regardait pas o\u00f9 il mettait les pieds et, il arriva ce qui devait arriver, son pied droit fut taillad\u00e9 par un caillou pointu. Il cria de douleur et rentra chez lui dans une grande col\u00e8re. Malgr\u00e9 les tapis, la dou\u00adleur ne passa point et il boitait encore quand il convoqua toute sa cour afin qu\u2019on trouve une solution \u00e0 ce terrible probl\u00e8me dont il venait de faire la cruelle exp\u00e9rience. \u00ab Pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de tous, dit-il car il n\u2019osait parler que de lui, je veux qu\u2019on trouve un rem\u00e8de d\u00e9finitif \u00e0 ce fl\u00e9au. Nous y mettrons tout notre tr\u00e9sor s\u2019il le faut ! \u00bb Les conseillers et autres ministres hoch\u00e8rent de la t\u00eate car ils savaient que le tr\u00e9sor du Roi ressemblait \u00e0 l\u2019oc\u00e9an, vaste et sans fond. Si grand, sifflotaient des mauvaises langues, que les ministres eux-m\u00eames n\u2019\u00e9taient pas arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9puiser malgr\u00e9 de nombreuses inspections nocturnes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">\u00ab Sire, dirent les uns puis les autres, on a toujours v\u00e9cu ainsi, ce probl\u00e8me est tr\u00e8s ancien et nous n\u2019avons jamais trouv\u00e9 de so\u00adlution ! \u00bb Le vieux biblioth\u00e9caire prit un grimoire tout poussi\u00e9\u00adreux, l\u2019ouvrit, mit ses petites lunettes sur les yeux et lut au roi qu\u2019il \u00e9tait arriv\u00e9 la m\u00eame chose \u00e0 son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re qui resta boiteux toute sa vie. Ce r\u00e9cit fit grimacer le roi qui promit de conjurer \u00e0 jamais ce mauvais sort fait \u00e0 lui-m\u00eame et \u00e0 son peuple. \u00ab Nous sommes un grand royaume, dit-il, et il est loin le temps de nos p\u00e8res. Depuis nous avons fait d\u2019\u00e9normes d\u00e9couvertes. Nous avons trouv\u00e9 comment cuire le pain et rouler le tabac. Nous avons su d\u00e9tourner l\u2019eau des rivi\u00e8res et capturer le vent dans nos voiles ! \u00bb Comme on le voit, le Roi \u00e9tait conscient de la puissance et de la technique de ses conseillers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">\u00c0 cet instant, brisant les rangs des courtisans, s\u2019avan\u00e7a un homme \u00e9trange devant qui tous les ministres recul\u00e8rent. Il por\u00adtait une longue robe toute blanche qui lui couvrait les pieds et un \u00e9trange chapeau pointu qui indiquait le chef des savants. C\u2019\u00e9tait l\u2019astronome du roi, celui qui lisait dans le ciel quand la nuit \u00e9tait tomb\u00e9e et que les \u00e9toiles s\u2019\u00e9taient lev\u00e9es. Il savait aussi faire bouillir les plantes et calculer la trajectoire des fl\u00e8ches. Le roi ai\u00admait l\u2019entendre car il ne parlait pas comme les flatteurs mais il expliquait toujours avec beaucoup de raisons tr\u00e8s intelligentes toutes les choses de la nature. Le Roi ne comprenait pas toujours les raisons mais il trouvait plaisant d\u2019entendre que tout avait une explication, que tout venait d\u2019une cause et que l\u2019homme pouvait la d\u00e9couvrir pourvu qu\u2019il \u00e9tudi\u00e2t longtemps. \u00ab Sire, dit le Mage, car on l\u2019appelait ainsi, il n\u2019est qu\u2019une solution et vous l\u2019avez sous les yeux. Regardez votre palais. Avez-vous eu mal une seule fois en parcourant vos salles immenses?\u00bb \u00abNon\u00bb, r\u00e9pondit le roi qui ne voyait pas o\u00f9 le mage voulait en venir. \u00ab Vous \u00eates-vous \u00e9cor\u00adch\u00e9 ou taill\u00e9 le nez lorsque, enfant, vous rouliez dans les vastes corridors o\u00f9 chantent les fontaines?\u00bb \u00ab Non, certes \u00bb, conc\u00e9da encore le roi. \u00ab Quelque caillou ou \u00e9pine mordante vous auront-ils coup\u00e9 alors que vous fl\u00e2niez r\u00eavant dans vos immenses sa\u00adlons ? \u00bb \u00ab Certes non ! \u00bb r\u00e9pliqua le roi qui commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019agacer. \u00ab Eh bien, Majest\u00e9, continua le Mage avec le sourire de l\u2019homme content de son savoir, usez de votre royaume comme de votre palais. Faites recouvrir tout le sol de votre pays d\u2019un tapis solide, un tapis qui r\u00e9siste \u00e0 la pluie, aux vents et \u00e0 la br\u00fblure du soleil. Ainsi non seulement Votre Majest\u00e9 mais aussi tout son peuple cessera de souffrir des pieds et on parlera de votre sagesse dans le monde entier. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Le roi fut fort satisfait de la proposition. On ne sut jamais s\u2019il \u00e9tait content pour ses pieds ou pour sa r\u00e9putation, ou pour les deux \u00e0 la fois. Il lui demanda : \u00ab Avec quoi puis-je faire un tapis assez solide pour qu\u2019il r\u00e9siste \u00e0 la pluie, aux vents et au soleil ? \u00bb \u00ab Sire, regardez vos vaches et vos moutons, comme ils portent sur leur dos un tapis souple et r\u00e9sistant. Couvrez la terre de leur peau ! \u00bb Au roi, l\u2019id\u00e9e parut excellente car il pensait \u00e0 son peuple, \u00e0 ces enfants qui se r\u00e2paient les genoux et \u00e0 ces vieillards qui finissaient impotents. Et puis, il songeait aussi un peu \u00e0 lui qui n\u2019aimait rien tant que de marcher la t\u00eate dans le vent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Il se retourna vers la foule qui avait assist\u00e9 muette au dialogue entre lui et le savant. Et il lui exposa le magnifique projet. Certains hauss\u00e8rent les \u00e9paules mais discr\u00e8tement car ils craignaient le roi. Cependant, le ministre de l\u2019agriculture osa prendre la parole: \u00ab Sire, l\u2019id\u00e9e est nouvelle. certes. Ce tapis de cuir fera luire votre couronne jusqu\u2019au-del\u00e0 des mers mais comment le bl\u00e9, la vigne et le th\u00e9 pourront-ils pousser sous le cuir? Comment la pluie pourra\u00ad-t-elle mouiller la terre et comment le soleil pourra-t-il la r\u00e9chauf\u00adfer ? \u00bb Le ministre de l\u2019agriculture \u00e9tait terroris\u00e9 car il savait que le Roi ne lui pardonnerait pas si les champs ne produisaient plus le vin qu\u2019il aimait tant. Mais le roi ne l\u2019\u00e9couta pas. Le ministre de l\u2019\u00e9levage, sollicit\u00e9 par le roi lui-m\u00eame, haussa les sourcils, mais doucement, et il compl\u00e9ta les propos du ministre de l\u2019agriculture: \u00ab Sire, pour recouvrir tout le sol du royaume, il faudra tuer tous les b\u0153ufs. veaux et vaches. Et il faudra encore ajouter les mou\u00adtons et les cochons. Tous les troupeaux de sa majest\u00e9 y suffiront \u00e0 peine et nous n\u2019aurons plus de lait. \u00bb Mais le roi ne l\u2019\u00e9couta pas. L\u2019id\u00e9e lui plaisait et personne ne lui en avait sugg\u00e9r\u00e9 de meil\u00adleure. Il calculait d\u00e9j\u00e0 dans sa t\u00eate combien il lui faudrait tuer de vaches pour son jardin. car il pensait bien commencer par son jardin o\u00f9 il se promenait la nuit quand les yeux ne voient plus les cailloux des all\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Autour de lui, les ministres g\u00e9missaient mais sans rien dire. Quand le roi eut le dos tourn\u00e9, ils murmur\u00e8rent entre eux car ils voyaient bien que le roi avait d\u00e9cid\u00e9 la mort du Royaume : qui voudrait d\u2019une terre o\u00f9 nulle plante ne pousse, o\u00f9 aucun animal ne broute l\u2019herbe fra\u00eeche ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">C\u2019est alors qu\u2019on entendit un dr\u00f4le de bruit, semblable \u00e0 la musique d\u2019un jouet. Un tout petit homme surgit derri\u00e8re le tr\u00f4ne du roi. Il \u00e9tait coiff\u00e9 avec un chapeau biscornu. tout mou et tout rouge, o\u00f9 tintaient dix petites clochettes dor\u00e9es. C\u2019\u00e9tait le fou \u00e0 qui on ne donnait point d\u2019\u00e2ge parce que certains jours il ressem\u00adblait \u00e0 un vieillard et d\u2019autres jours \u00e0 un enfant. Il avait des yeux brillants comme la lune quand elle scintille au milieu de la nuit glaciale et que les loups hurlent \u00e0 la mort et font trembler les pe\u00adtits enfants recroquevill\u00e9s dans leur lit. Le fou se tenait derri\u00e8re le roi et jamais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des ministres. Il surgissait toujours comme un diable de sa bo\u00eete.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Rarement l\u2019on vit pareil spectacle \u00e0 la cour du roi. Le fou du roi sautillait et riait, riait comme jamais on ne l\u2019avait entendu rire. Son rire extraordinaire rendit un peu d\u2019espoir aux ministres qui pourtant ne l\u2019aimaient pas beaucoup. Et le fou du roi riait aux \u00e9clats et il riait tant et tant qu\u2019il en tomba par terre en se tortil\u00adlant. Ce n\u2019\u00e9tait pas grave car on se rappelle qu\u2019il y avait un tapis en cuir dans le palais. Le roi fron\u00e7a les sourcils. La situation ne le faisait pas sourire m\u00eame s\u2019il \u00e9tait heureux d\u2019avoir une solution brillante au casse-t\u00eate des pieds nus. Mais il n\u2019osa pas le gronder car son fou lui disait toujours une parole si fra\u00eeche que personne ne l\u2019avait prononc\u00e9e avant lui. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, il avait pu, nagu\u00e8re, d\u00e9jouer les complots de ses ministres. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, il avait pu aus\u00adsi trouver une belle \u00e9pouse aimante. Mais cela, c\u2019est une autre histoire. Et puis, le fou le faisait toujours rire m\u00eame quand ses voisins lui faisaient la guerre. On ne savait pas d\u2019o\u00f9 le fou tirait toutes ses id\u00e9es car il ne savait pas lire et on ne lui connaissait pas de conseillers. On savait encore moins pourquoi le roi l\u2019 \u00e9cou\u00adtait. Mais c\u2019\u00e9tait ainsi et il fallait bien faire avec car le fou enten\u00addait tout et, comme le racontait l\u2019une des dames de la Reine, bien qu\u2019il f\u00fbt de toute petite taille, il semblait voir par-dessus l\u2019\u00e9paule des g\u00e9ants qui entouraient le Roi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Et le fou pleurait de rire puis, comme tout a une fin. il s\u2019arr\u00ea\u00adta de rire. Les larmes coulaient encore de ses yeux quand le roi l\u2019interrogea avec un ton s\u00e9v\u00e8re : \u00ab Pourquoi ris-tu ? Trouves-tu dr\u00f4le que mes chasseurs se blessent ? Te moques-tu du Roi qui bo\u00eete ? \u00bb Alors le fou du roi prit la parole mais pas tout de suite, apr\u00e8s un petit temps de silence comme il le faut quand on veut dire une chose importante pour tous. Les ministres faisaient mine de ne pas \u00e9couter: ils s\u00b7 \u00e9changeaient des regards complices et des sourires entendus. Pour autant, ils se gardaient bien de se faire remarquer: personne ne devait emp\u00eacher le roi d\u2019\u00e9cou\u00adter son fou. Enfin quand les visages furent muets, le silence se fit. Mais un silence comme jamais il n\u2019y en eut dans ce palais o\u00f9 bruissaient toujours les bavardages des servantes et les cancans de la cour. Certains, qui \u00e9taient derri\u00e8re la porte ce jour-l\u00e0, ra\u00adcont\u00e8rent qu\u2019ils entendirent le bruit de la meule qui tournait \u00e0 l\u2019autre bout de la ville. D\u2019autres pr\u00e9tendirent qu\u2019ils entendaient la respiration des mouches qui n\u2019osaient plus bouger, fix\u00e9es sous les poutres du plafond. Il n\u2019y avait que le mage qui tremblait de rage parce quelqu\u2019un osait parler apr\u00e8s lui. Son b\u00e2ton noir vibrait tout seul, m\u00fb par un g\u00e9nie cach\u00e9. Des nuages obscurs couvraient son front.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Le petit fou parla donc de sa petite voix claire qui glissait sur le tapis de cuir. \u00ab Majest\u00e9, grande et royale, regardez vos pieds comme ils sont petits ! Regardez comme est grande la sur\u00adface de la terre ! Voyez aussi les b\u00eates des champs qui ont des sabots sous leurs pieds ou les b\u00eates des bois qui ont des cous\u00adsins sous leurs pattes. Les uns et les autres bondissent au\u00adtant que de besoin et ils ne se font jamais mal ! \u00bb Et le fou rit et rit tant et tant que les gens secouaient la t\u00eate en r\u00e9p\u00e9tant : \u00ab C\u2019est un fou, il parle comme un fou ! \u00bb Personne ne compre\u00adnait car personne ne voyait dans sa t\u00eate les b\u00eates des champs et les b\u00eates des bois. Ils ne voyaient que le roi inquiet et sa col\u00e8re rentr\u00e9e. Mais le petit fou qui n\u2019\u00e9tait pas si fou poursui\u00advit de suite pour ne pas rendre ridicules le roi et ses minis\u00adtres : \u00ab Faites-vous des sabots ou des coussins en d\u00e9coupant deux petits morceaux de cuir que vous attacherez sous vos pieds et alors vous courrez de partout sans vous blesser ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">La chose \u00e9tait tellement simple que tous sourirent sauf le Mage qui se retira sans rien dire. Et tous les conseillers se mirent \u00e0 parler ensemble. Mais ce fut le ministre de l\u2019artisanat qui cria plus fort que les autres : \u00ab Nous allons faire travailler nos meil\u00adleurs ouvriers et ils vont tailler le cuir pour en faire des petits chaussons pour les pieds du roi, pour les pieds de la reine et pour ceux du peuple ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Ainsi furent invent\u00e9es les chaussures et le royaume devint tr\u00e8s riche car il fabriqua des souliers pour le monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">Le roi garda aupr\u00e8s de lui l\u2019homme \u00e0 la longue robe blanche \u00ab parce que, disait le roi, on ne sait jamais. Ceux qui lisent et ceux qui \u00e9tudient nous racontent aussi de bonnes affaires. Il faut les entendre. \u00bb Mais comme le roi \u00e9tait devenu prudent, il d\u00e9cida d\u00e9\u00adsormais d\u2019\u00e9couter tous ceux qui parlaient. Et il voulut voir lui m\u00eame les animaux gambader et aussi les oiseaux voler. Bien s\u00fbr, les oiseaux n\u2019ont pas de chaussures mais le roi \u00e9tait un homme pr\u00e9voyant et il voulait voir comment son fou connaissait ces choses que les autres ne voyaient pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\">C\u2019est ainsi qu\u2019il devint le roi le plus sage de la terre. Mais il est vrai qu\u2019il \u00e9coutait souvent son petit fou quand ils \u00e9taient seuls, tous les deux, sous la lumi\u00e8re des \u00e9toiles, et que le petit homme lui parlait sans un mot et sans un signe, dans la langue des f\u00e9es et des g\u00e9nies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-background has-very-dark-gray-color has-vivid-green-cyan-background-color\"><strong>Luc RAVEL<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retrouvez ici un conte philosophique \u00e9crit par notre archev\u00eaque Luc Ravel.<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6910","post","type-post","status-publish","format-image","hentry","category-non-classe","post_format-post-format-image"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6910","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6910"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6910\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6927,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6910\/revisions\/6927"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/benfeld-catholique.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}