Edito de notre curé

Regarde, l’Eglise bouge !

 « Une Eglise qui bouge, est-ce seulement possible ? » diront les                         sceptiques. L’Eglise a eu son temps, mais maintenant elle est dépassée !

« L’Eglise bouge ? Pas trop tôt ! » diront les râleurs, ceux qui trouvent que rien ne va jamais assez vite ; ceux qui attendent surtout que l’Eglise épouse enfin leurs idées à eux et que les vérités de l’Evangile s’effacent devant le dernier sondage d’opinion à la mode.

« L’Eglise bouge ? Mais alors où on va ? » demanderont les autres avec angoisse, ceux pour qui l’Eglise représentait un des derniers repaires stables au milieu des changements de notre monde. « Si on était resté au latin, on n’en serait pas là         aujourd’hui ! etc. » « Après avoir occupé pendant 50 ans la même place à l’église, vous ne pensez quand même pas que je vais avancer d’un banc ! »

Et pourtant l’Eglise bouge. Elle est un corps vivant.

Nous sommes à la rentrée d’une nouvelle année pastorale. Les équipes d’enfants, de jeunes, d’adultes se remettent en route. Des projets se réfléchissent dans les différents conseils pour faire vivre notre communauté. On reprend le rythme des répétitions pour préparer nos liturgies. Cette année nous sommes tous invités à vivre un mois d’octobre particulier, un mois missionnaire. Chaque baptisé à son niveau peut être missionnaire, grâce à son témoignage, à sa prière, à sa charité. Ce mois extraordinaire est l’occasion pour chacun de redécouvrir sa vocation missionnaire dans la vie      quotidienne et de tisser des liens avec d’autres chrétiens.

Alors ne nous contentons pas de regarder bouger les autres, ceux d’ailleurs, ou ceux de chez nous qui se bougent déjà, parfois depuis de longues années, pour faire de nos communautés des réalités vivantes.

Que l’on soit intellectuel ou pas du tout, à cheveux blancs ou pas, déjà actif ou pas, peu importe. La question est plutôt la suivante : Est-ce que je permets à Dieu de    passer par moi pour rencontrer l’autre ? Comme croyant, ai-je envie de porter du fruit ?

Cette question me rappelle la petite histoire suivante :

Un alsacien en vacances en Corse aperçoit un agriculteur qui se repose à l’ombre :

« Alors (dit l’alsacien), la terre est bonne par ici ?»

« Peuh (fait le corse), rien ne pousse. »

« Pourtant ça à l’air plutôt fertile ? »

« Fertile ? (soupire le paysan) Rien ne pousse ! »

Voyons, vous n’allez pas me dire que si vous semez du blé… »

Le paysan lève les bras au ciel…

« Ah ! (s’écrie-t-il)  évidemment… si vous semez !! »

Alors à nous d’être, dans nos paroisses et ailleurs, de véritables semeurs : des        semeurs de parole, d’écoute, de prière, de réflexion, d’amour, de toutes ces semences dont la croissance peut compter aussi sur la grâce de l’Esprit-Saint.

Eric KRUPA, votre curé